Cécile Machinal-Potters
Le travail a depuis toujours une place fondamentale dans la vie de Cécile Potters. Dès l'âge de 16 ans, elle en découvre tant sa valeur que son exigence en travaillant plusieurs saisons estivales en tant que serveuse à la Maison des Tanneurs puis grâce à un travail de nuit en tant que gardienne occasionnelle de la Cité Administrative de Strasbourg durant ses années à l'université.
Rigoureuse et aimant le sens des mots, elle s'oriente naturellement, une fois son baccalauréat obtenu, vers des études supérieures juridiques, persuadée qu'exercer en faveur d'un monde plus juste serait source d'un réel épanouissement personnel.
Ayant grandi et été élevée à Strasbourg par une mère française et un père d'origine flamande, Cécile Potters est une européaniste de cœur. Profondément convaincue que la collaboration entre les peuples notamment au travers de la construction européenne est la seule voie en faveur d'un avenir pacifiste sur notre continent, elle choisit de se spécialiser en la matière. Elle réalise alors une Maîtrise en Droit européen et international à l'Université de Strasbourg, puis un Master en Études européennes à la Sorbonne Nouvelle de Paris pour ensuite se perfectionner grâce à un double diplôme en Lobbying européen obtenu en 2013 à l'Institut Supérieur Européen du Lobbying de Paris et Bruxelles.
En parallèle de ses études, elle complète ses connaissances en la matière en suivant, durant plusieurs années, des conférences sur l'Europe animées par l'association de l’Institut des Hautes Etudes Européennes (Rete-Ihee). A titre bénévole, elle réalise également une visite à la Cour Européenne des Droits de l'Homme où elle a notamment comme responsabilités de faire visiter et de présenter à des groupes tant français qu'étrangers l'importance des missions menées par la CEDH.
C'est dans cette continuité qu'elle effectuera un stage auprès de Trans Europe Experts, réseau européen de professionnels du Droit qui vise à influencer les discussions juridiques qui se déroulent en Europe. Elle aura notamment pour mission de réaliser des réponses à des appels d'offres, consultations et propositions des Institutions Européennes en tant que chargée de projets européens. De plus, en tant qu’expert junior, elle organisera des colloques et contribuera à l’ouvrage Le droit commun européen de la vente[1] en y réalisant une table de concordances entre les dispositions du projet de droit commun européen de la vente et cinq textes voisins.
Fascinée par les enjeux de demain, elle réalise des missions durant deux étés successifs au service d'Orange Business Services à Lausanne, Genève et Zurich. Elle y aura notamment pour responsabilités d'épauler l'équipe juridique chargée des contrats de Philip Morris International, Japanese Tobacco et Zurich Assurances, participera à de nombreuses réunions avec les clients et réalisera un contrat-type à destination de futures négociations.
Elle choisit ensuite d'effectuer son stage de fin de Master auprès du service de lutte contre la contrefaçon sur Internet de Louis Vuitton Malletier avec pour missions principales la défense des droits de propriété intellectuelle sur Internet de l'ensemble des marques du Groupe LVMH, les investigations en ligne face aux problématiques de cybersquatting et la collecte de preuves dématérialisées afin de faire condamner des réseaux de contrefacteurs.
Bien que passionnant, ce stage sert de déclencheur à Cécile Potters, qui constate que son besoin de se sentir utile, d'œuvrer au profit de notre société, supplante tout.
Elle rejoint en tant que chargée de communication et lobbyiste un média en ligne visant à permettre à chaque personne qui le souhaiterait de délivrer « sa vérité » face à des événements souvent détournés ou survolés par les médias traditionnels. Elle y écrira de nombreux articles, réalisera des travaux prospectivistes et suivra une formation en gestion de crises.
Forte de cette expérience tournée vers la mise en lumière de ceux qu’on ne voit pas, Cécile Potters réalise que c’est bien l’intérêt général et la défense d'un idéal républicain qui l’animent. C’est pour cela qu’elle intègre le Conseil Économique Social et Environnemental en tant qu'Attachée du Groupe FO, souhaitant mettre ses compétences tant juridiques que d'influence au service d'une assemblée. Durant près de trois ans, elle conseille, accompagne, alerte les 17 conseillers dont elle a la charge, et réalise le travail d'amendements et d'influence pour chaque avis et études sur lesquels son groupe souhaite s'investir. Elle aura en particulier la charge de co-écrire et faire voter le Rapport Annuel sur l'état de la France de 2014, qui a pour objectif d’analyser les fractures qui frappent notre société et de proposer des pistes concrètes en faveur de davantage de vivre ensemble. En parallèle, elle aide les équipes de Jean-Paul Delevoye, alors Président du CESE, à établir puis à faire voter une réforme budgétaire d’ampleur de l'assemblée.
Repérée par les dirigeants du syndicat, elle est sollicitée en 2014 par Pascal Pavageau, alors candidat au poste de Secrétaire général, pour devenir sa Directrice de campagne et dans l'hypothèse où il serait élu, sa Directrice de Cabinet. Menant de front les deux postes jusqu'à Novembre 2015, elle quitte ensuite sa fonction au CESE pour s'engager pleinement dans la campagne. Chargée principalement des relations extérieures, elle rencontre de nombreux décideurs publics et participe à plusieurs chantiers en réflexion au gouvernement (ubérisation, le projet de Loi pour la croissance, l'activité et l'égalité des chances économiques dite « Loi Macron », les négociations sur le Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement dit « TTIP »[1], etc.). Elle pousse également son responsable à s’ouvrir à d’autres acteurs de la société civile (think tanks, associations, syndicats étudiants, etc.), et gère les relations médias, les réactions à l’actualité et le storytelling.
En 2018, alors que Pascal Pavageau est certain d’être élu, il la charge de mener un bilan comptable de la Confédération. Avec l’aide des équipes dédiées à la Trésorerie, le constat est sans appel : sans l’instauration d’une gestion drastique et la mise en place de réformes de fond, FO n’aura de libre et d’indépendant que le nom. En parallèle, Cécile Potters dirige son Cabinet et pousse à la transversalité en gérant différents projets faisant appel à l’appui et l’expertise des 150 salariés. Ces nouvelles manières de collaborer couplées au travail de fond en matière de communication extérieure mené depuis plusieurs années, permettent une mise en lumière de premier plan du nouveau Secrétaire général et du syndicat.
C’est dans ce contexte que l’annonce d’un audit budgétaire couplée au futur retrait de fonctions à certains responsables jugés dans l’incapacité de remplir correctement leurs missions, conduit à une réaction hostile de certains dirigeants. Souhaitant coûte que coûte l’arrêt des réformes internes, ils transmettent alors aux médias une multitude de documents confidentiels dont un visant à la formation des équipes et dans lequel le Secrétaire général de FO livre à la fois des éléments factuels et des jugements de valeurs sur les dirigeants de l’organisation. Alors que l’objectif des détracteurs était d’arrêter toute réforme interne en diffusant l’existence de ce fichier, le choix est fait en équipe de faire porter la responsabilité sur la Directrice et la Cheffe de Cabinet pour ne pas trop écorner l'image du Secrétaire général puis de démissionner car personne ne voit d’intérêt à s’engager pour une organisation qui ne souhaite plus bouger.
Cette expérience est l’opportunité de constater qu’il manque en France un lieu apolitique, qui ose réunir autour de la table des personnes capables de remettre en question leurs points de vue, non empêtrées dans des guerres de pouvoir. Cécile Potters s’investit alors dans le développement stratégique et les relations extérieures d’une structure naissante qu’est le Lobby Citoyen MUSES (pour un Modèle Universel Social Émancipateur et Solidaire).
Considérant que c’est son expérience « start-up » avec peu de moyens et tout à construire, elle est pleinement engagée dans l’aventure visant à proposer des solutions concrètes aux décideurs publics en faveur d’un modèle de société plus juste et plus soutenable. Sous l’égide et les conseils avisés de Christophe Habas, alors Président du think tank, elle développe un système inédit de vote des propositions, qui permet à chaque adhérent de soutenir ou non ce qu’il lui est suggéré sachant que 60% des votants ou plus sont nécessaires pour que le texte soit adopté. Elle réalise également plusieurs études comportant des propositions inédites sur des sujets d'actualité, comme le modèle de développement des trottinettes. Cette ambition, visant à positionner le Lobby citoyen comme un pendant à l’Institut Montaigne séduit de nombreuses personnalités : d’anciens Ministres, des dirigeants d’association et d’entreprises dans l’économie sociale et solidaire, des dirigeants de grandes sociétés ainsi que des chercheurs. Malheureusement la crise du Covid et la forte dépendance de la structure nouvellement créée à des subventions ont raison de sa pérennité.
En parallèle de toutes ses activités professionnelles, Cécile Potters, soucieuse de se perfectionner tout au long de son parcours professionnel, a également eu à cœur de suivre deux cycles de Masterclasses à l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) en 2019. Le premier, intitulé "Leadership" la pousse à challenger ses modes de management en visant toujours plus d’engagement de ses équipes. Quant au second "Arts oratoires", il a pour vocation d'accroître la portée de ses argumentaires - qu'ils soient oraux ou écrits - en conjuguant efficacité, rationalité et éthique, tout en jouant des ressorts du plaisir, de l’émotion et de la conviction.